Entretien — Cédrix Crespel

Entretien avec Cédrix Crespel
Janvier 2026


1. Tes tableaux naissent d’un échange d’images avec ton épouse. Concrètement, comment circulent ces images, et comment tu les transformes pour en faire de la peinture ?

Cet échange avec Tiphaine se fait dans le flux du quotidien. Ce sont des images prises par elle, souvent quand nous sommes à distance, parfois même très éloignés. Ce sont des fragments de vie qui arrivent dans mon téléphone comme des éclats de présence, au moment où l’on se rend compte, l’un et l’autre, que nos vies sont une.

Je les laisse reposer. Certaines s’imposent d’elles-mêmes et deviennent des points de départ, parfois plusieurs années après. Je ne les reproduis jamais telles quelles : je les déconstruis, je les agrandis, je les recadre, parfois je les altère. Mais depuis quelques années, je respecte très souvent leurs gammes chromatiques. Le passage à la peinture me permet de transformer ce qui était un moment privé en une image qui porte autre chose : une charge émotionnelle universelle, presque mythologique. C’est un travail de transmutation : l’image initiale est le matériau brut, la peinture est la métamorphose.

2. Qu’est-ce qui t’intéresse dans ce passage d’une image intime, presque privée, à une image picturale exposée publiquement ?

Ce qui m’intéresse, c’est que l’image, en devenant peinture, a la capacité de réunir deux entités pour n’en faire qu’une. De son image, je construis le « nous » en y apposant ce que je suis : ma capacité de peintre, ma culture, mon héritage graphique. De plus, quand une image intime devient publique, elle change de statut. Elle n’appartient plus seulement à notre histoire : elle devient un miroir tendu vers les autres, vers leurs propres récits. En la rendant publique, je prends le risque de l’exposer à des regards qui ne connaissent rien du contexte initial. La peinture me permet de tendre ce fil entre le privé et le collectif, sans jamais totalement dire, ni totalement cacher.

3. Tu parles souvent de sensualité. Comment cette dimension se traduit-elle dans la matière même de ta peinture ?

La sensualité passe d’abord par le geste physique : je peins de façon très incarnée, avec des gestes qui sont parfois doux et délicats, parfois violents, comme une étreinte ou une résistance. L’acte de peindre a cette vertu d’être en contact avec une matière extrêmement sensuelle : la texture du pigment mêlé au liant, le mélange, l’application qui te résiste ou se révèle… c’est très agréable. La matière est volontairement épaisse, presque tactile : elle porte les traces du corps, les reliefs, les tensions. Cette tension entre caresse et heurt, entre flux et retenue, c’est là que se joue la sensualité dans ma peinture.

4. Quels artistes ou quelles traditions te nourrissent le plus dans ce dialogue avec le corps et le désir ?

Le Caravage reste une référence essentielle pour la lumière et la théâtralité. Mais je me nourris aussi d’artistes plus proches de l’intime, comme Pierre Bonnard, pour sa manière de rendre sensuelle la vie domestique. J’aime aussi Monet pour sa touche, sa modernité, le visible et le non-visible… l’air autour du sujet. Le travail d’Elizabeth Peyton, par sa sensibilité et sa délicatesse, me plaît beaucoup aussi.

5. Tes compositions frappent par leur frontalité, leur théâtralité. Comment construis-tu cette présence immédiate dans l’image ?

Je cherche toujours une économie de moyens : peu d’éléments, mais placés avec une grande tension. Je recadre ou choisis ces images comme des scènes de théâtre : il y a un cadre, une lumière, une figure principale qui doit captiver. Dévoilé, mais sans montrer. Suggérer plutôt qu’affirmer — à l’inverse de ma jeunesse, d’ailleurs. La peinture chargée vient ordonner le chaos de la proposition, tout en laissant percevoir la charge émotionnelle brute.

6. Lacan parlait d’« extime » pour désigner ce qui est à la fois le plus intime et le plus exposé. Est-ce une idée qui résonne avec ton travail ?

Oui, complètement. L’extime, c’est exactement ce que je ressens quand je peins. D’un côté, la matière première est notre intimité profonde, ce lien avec Tiphaine, et de l’autre, le tableau destiné à être regardé, commenté, jugé par des inconnus. La peinture est ce lieu paradoxal où le secret devient public.

7. Tes œuvres oscillent entre intensité charnelle et mise à distance iconique. Comment trouves-tu l’équilibre ?

Cet équilibre se joue dans la tension entre matière, structure et texture. La vérité tient au « mix », pour utiliser un terme musical. Si une œuvre penche trop d’un côté, elle perd quelque chose. Mon travail s’efforce de maintenir ce point d’équilibre fragile, comme une corde raide, aussi bien par l’aspect figuratif et abstraction que dans l’équilibre des techniques apposées.

8. Aujourd’hui, les images circulent en continu. Comment ta peinture dialogue-t-elle avec ce flux contemporain ?

Nous sommes saturés d’images, en particulier sur les réseaux sociaux. Dans ce flux, tout devient égal : une photo d’anniversaire, une image de guerre, un selfie… La peinture, elle, s’impose par son charisme, que je cherche à tenir. Elle ralentit ce flux. Il n’y a que la peinture et l’amour qui triomphent du temps…

9. Quelle place donnes-tu au spectateur : témoin d’une intimité, ou acteur invité à entrer dans la relation ?

Je ne veux pas enfermer le spectateur dans le rôle du voyeur. Je préfère lui offrir un espace dans lequel il peut se projeter, faire résonner ses propres histoires. Mais pour être tout à fait honnête, je peins d’abord pour moi… pour nous.

10. Quand tu transformes ton intimité en œuvre, qu’est-ce que tu cherches à préserver — et qu’est-ce que tu acceptes de révéler ?

Je préserve toujours le cœur vivant de la relation, ce qui ne peut pas être dit ou montré. C’est une zone de silence, de secret, que même la peinture respecte. Enfin, je montre, mais sans trahir, avec honnêteté… Je suis peintre.


Interview with Cédrix Crespel
January 2026


1. Your paintings grow from an exchange of images with your wife. Concretely, how do these images circulate, and how do you transform them into painting?

This exchange with Tiphaine happens in the flow of daily life. These are images she takes, often when we are apart, sometimes very far from each other. They are fragments of life that arrive on my phone like sparks of presence, at the moment when we both realise that our lives are one. I let them settle. Some impose themselves and become starting points, sometimes years later. I never reproduce them as they are: I deconstruct them, enlarge them, reframe them, sometimes alter them. But over the past few years, I have very often preserved their chromatic range. The transition to painting allows me to transform what was a private moment into an image that carries something else: a universal, almost mythological emotional charge. It is a work of transmutation: the initial image is the raw material, the painting is the metamorphosis.

2. What interests you in this passage from an intimate, almost private image to a pictorial image shown publicly?

What interests me is that the image, in becoming painting, has the capacity to unite two entities into one. From her image, I build the « us » by adding what I am: my capacity as a painter, my culture, my graphic heritage. Moreover, when an intimate image becomes public, it changes status. It no longer belongs solely to our history: it becomes a mirror held up to others, toward their own narratives. By making it public, I take the risk of exposing it to gazes that know nothing of the original context. Painting allows me to hold this thread between the private and the collective, without ever fully saying, or fully concealing.

3. You often speak of sensuality. How does this dimension manifest in the very material of your painting?

Sensuality begins with the physical gesture: I paint in a very embodied way, with gestures that are sometimes gentle and delicate, sometimes violent, like an embrace or a resistance. The act of painting has this quality of being in contact with an extremely sensual material: the texture of pigment mixed with the medium, the blending, the application that resists you or reveals itself. The material is deliberately thick, almost tactile: it carries the traces of the body, the reliefs, the tensions. This tension between caress and shock, between flow and restraint, is where sensuality plays out in my painting.

4. Which artists or traditions nourish you most in this dialogue with the body and desire?

Caravaggio remains an essential reference for light and theatricality. But I also draw from artists closer to the intimate, such as Pierre Bonnard, for his way of making domestic life sensual. I also love Monet for his touch, his modernity, the visible and the invisible… the air around the subject. The work of Elizabeth Peyton, with its sensitivity and delicacy, also appeals to me greatly.

5. Your compositions strike by their frontality, their theatricality. How do you construct this immediate presence in the image?

I always seek an economy of means: few elements, but placed with great tension. I reframe or choose these images like theatre scenes: there is a frame, a light, a central figure that must captivate. Unveiled, but without showing. To suggest rather than assert — the opposite of how I worked when I was younger. The loaded painting then comes to order the chaos of the proposition, while allowing the raw emotional charge to remain perceptible.

6. Lacan spoke of « extimacy » to describe what is simultaneously the most intimate and the most exposed. Does this idea resonate with your work?

Yes, completely. Extimacy is exactly what I experience when I paint. On one side, the raw material is our deep intimacy, this bond with Tiphaine, and on the other, the painting is destined to be looked at, commented on, judged by strangers. Painting is this paradoxical place where the secret becomes public.

7. Your works oscillate between carnal intensity and iconic distance. How do you find the balance?

This balance is played out in the tension between material, structure and texture. The truth lies in the « mix », to use a musical term. If a work tilts too far in one direction, it loses something. My work strives to maintain this fragile point of balance, like a tightrope, both in the figurative and abstraction aspect and in the balance of the applied techniques.

8. Today, images circulate continuously in our lives. How does your painting engage with this contemporary flow?

We are saturated with images, particularly on social media. In this flow, everything becomes equal: a birthday photo, an image of war, a selfie… Painting, on the other hand, asserts itself through its charisma, which I seek to sustain. It slows this flow. Only painting and love triumph over time…

9. What place do you give the viewer: witness to an intimacy, or actor invited to enter the relationship?

I do not want to confine the viewer to the role of voyeur. I prefer to offer them a space in which they can project themselves, make their own stories resonate. But to be entirely honest, I paint first for myself… for us.

10. When you transform your intimacy into a work, what do you seek to preserve — and what do you accept to reveal?

I always preserve the living heart of the relationship, what cannot be said or shown. It is a zone of silence, of secrecy, that even painting respects. In the end, I show, but without betraying, with honesty… I am a painter.

ENTRE DEUX COEURS

Galerie Rabouan Moussion 11 rue Pastourelle 75003 Paris

du 07.03 au 16.04.2026

Vue d'exposition Entre Deux Coeurs, Cédrix Crespel, Galerie Rabouan Moussion, Paris 2026

Comment représenter une relation amoureuse, ses complicités intérieures, son histoire et ses récits, sa posture objective et sociale ? C’est l’exercice ambitieux et délicat que Cédrix Crespel essaie de relever dans une peinture qui n’est jamais une surface lisse ni un simple espace de projection. Elle se déploie comme un territoire instable, traversé de tensions, de glissements et de résistances : entre dévoilement et retenue, entre une lumière qui effleure les formes et une ombre qui les consume sans jamais les abolir. La toile devient un champ sensible où se joue une dialectique constante entre ce qui apparaît et ce qui se dérobe, entre ce que l’on donne à voir et ce que l’on choisit de maintenir à distance. En ce sens, le travail de Cédrix Crespel rappelle que ce médium reste l’un des lieux les plus exigeants et les plus fragiles pour approcher le désir, la vulnérabilité et la relation à l’autre.
Ainsi, loin d’un récit explicite ou d’une frontalité spectaculaire, ses œuvres s’inscrivent dans une zone intermédiaire : ni pure abstraction du sentiment, ni figuration illustrative. Elles habitent cet espace du trouble, du presque-visible, où l’image ne se livre jamais entièrement. Ce jeu entre le net et le flou, entre la précision d’un détail et l’indécision de l’ensemble, installe un schéma difficile à saisir.
L’histoire de l’art est profondément traversée par cette quête d’intimité et de dévoilement. Du clair-obscur du Caravage, où la lumière dramatique découpe les corps pour mieux exposer leur vulnérabilité, au velouté des chairs d’Ingres, où le désir se dissimule sous une perfection formelle presque glacée, chaque époque a inventé ses propres stratégies pour rendre visible la proximité des corps et des affects. Plus tard, l’érotisme feutré et troublant de Balthus a déplacé cette question vers une zone d’inconfort moral, tandis que Bacon, par la violence chromatique et la distorsion des figures, a donné à voir une
intimité déchirée, convulsive, irréconciliée avec elle-même.
Chez Cédrix Crespel, cette filiation ne prend jamais la forme d’une citation ou d’un hommage explicite. Elle agit plutôt comme un soubassement, un terrain de résonances. L’intime n’y est ni idéalisé ni brutalement exposé. Il n’est pas un prétexte narratif, encore moins un motif érotique au sens traditionnel. Il est un matériau vivant, instable, issu d’un dialogue amoureux en permanente recomposition. Les tableaux de Crespel naissent d’un flux d’images partagé avec son épouse : une correspondance visuelle, continue, parfois quotidienne, où l’image devient un langage à part entière. Ce qui circule entre eux n’est pas destiné à être montré, et c’est précisément dans ce déplacement — du privé vers l’espace de la peinture — que l’œuvre prend forme.
Ce processus introduit une dimension temporelle essentielle. Les images ne sont pas isolées, elles s’inscrivent dans la durée, dans la répétition, dans les variations infimes d’un même corps, d’un même geste, d’une même présence. La peinture devient alors le lieu d’une décantation : elle ne reproduit pas
l’image source, elle en retient la charge affective, la tension, parfois même l’absence. Ce n’est ni une relation de modèle à peintre, ni une posture voyeuriste. C’est un espace de confiance, fragile, où chacun accepte de se rendre vulnérable à l’autre, dans un accord tacite qui engage autant le regard que le silence. Face à ces œuvres, le spectateur est placé dans une position ambiguë : ni voyeur, ni simple témoin. Il devient dépositaire d’une intimité qui ne lui appartient pas, mais qui lui est néanmoins confiée. L’accrochage, la répétition des motifs, la retenue des compositions construisent ainsi un dispositif presque moral, où le regard est invité à se responsabiliser, à mesurer sa propre place.
Cédrix Crespel poursuit ainsi une exploration à la fois charnelle et spirituelle de la peinture et de son sujet. Ses œuvres font dialoguer les héritages du passé avec une sensibilité profondément contemporaine, où l’intime devient un enjeu universel. Loin de toute confession narcissique, elles posent une question plus radicale : comment tenter de représenter ce qui, par essence, échappe à la représentation ?
Thomas Bernard,

Vue d'exposition Entre Deux Coeurs, Cédrix Crespel, Galerie Rabouan Moussion, Paris 2026
Vue d'exposition Entre Deux Coeurs, Cédrix Crespel, Galerie Rabouan Moussion, Paris 2026
Vue d'exposition Entre Deux Coeurs, Cédrix Crespel, Galerie Rabouan Moussion, Paris 2026
Vue d'exposition Entre Deux Coeurs, Cédrix Crespel, Galerie Rabouan Moussion, Paris 2026
Vue d'exposition Entre Deux Coeurs, Cédrix Crespel, Galerie Rabouan Moussion, Paris 2026
Vue d'exposition Entre Deux Coeurs, Cédrix Crespel, Galerie Rabouan Moussion, Paris 2026

Memento – VIVRE

Exposition VIVRE à MEMENTO / du 28 juin au 12 octobre 2025 / Entrée libre et gratuite / du mercredi au dimanche / 14h-18h.
Cedrix Crespel avec l’installation « Je n’ai su que te vivre » 2025.

Techniques mixtes. Une co-production MEMENTO Espace Départemental Art Contemporain.

Departement du Gers / Ville de Auch

Catalogue

Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025

« Cédrix Crespel peint la relation amoureuse à travers un questionnement incessant : comment rendre perceptible l’aura de deux âmes par le geste, lorsque les mots deviennent impuissants ? Dans une exploration profonde de la condition humaine et de ses modes de perception, l’artiste façonne des paysages émotionnels, où les liens invisibles entre deux êtres se révèlent, se redéfinissent sans cesse.

Formé en design et conception industrielle, Il se consacre pleinement à la peinture dans les années 1990. Il amorce une collaboration fusionnelle avec sa compagne, Tiphaine Crespel. De cette correspondance artistique naît une création incarnant la relation intime du « nous » où les sentiments deviennent une matière plastique et vibrante.

Exposées dans des galeries et institutions à travers le monde – en Europe, en Asie, aux États-Unis – ses œuvres figurent dans de nombreuses collections privées.

En quête d’intemporalité, Cédrix Crespel transcende la représentation pour atteindre une vérité plus profonde : celle de la présence, du temps et de la vie intérieure, à la fois résolument personnelle mais tellement universelle. Peindre l’inexplicable, l’absence et la séparation des corps, lorsque les mots ne suffisent plus et que seul l’art peut traduire, ce lien épistolaire entre les êtres.  Sa peinture naît de cette matière mystérieuse, où les distances se traduisent en flous colorés, en masses précises presque numériques, exécutées avec une minutie picturale. Les strates visuelles se superposent en un langage feutré, mêlant images et fragments de corps (photographies de Thiphaine), plongés dans le geste pictural de Cédrix. Les paysages amoureux ainsi créés se forment sans jamais se figer : ils évoluent, s’animent.

Les œuvres investissent MEMENTO dans un dialogue sensible de l’intime vers le collectif, de l’intérieur vers l’extérieur. Dans une fervente envie de voir ce qui se ressent, Cédrix Crespel réveille en nous la mémoire affective et cette nécessité de donner vie à ce qui ne se dit pas. Dans une expérience ineffable du sentiment amoureux, il révèle les grandes richesses de la condition humaine et la beauté des émotions. L’art, là où le langage échoue, devient une puissance silencieuse qui résonne au plus profond de nous. »

Karine Mathieu Directrice Artistique Memento

photos Cyril Boixel

Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025
Vue d'exposition Memento Vivre, Cédrix Crespel, Auch 2025

RABOUAN MOUSSION

Je suis heureux de vous annoncer que j’intègre la prestigieuse galerie Rabouan Moussion.
Désormais, elle me représentera en France.
Les événements à venir vous seront annoncés au fil de notre collaboration.
Un grand merci à Thomas Bernard pour son soutien.

2025

Nascita Di Venere 83×55 ht 115
Vous Etier 150×200
Frosted 100×70
La Main De Deux 20×30 ht 40 mix media
Pointe de Guec 100×70
RIF 180×130
Crayon Pour Colline 40×30

ART PARIS

du 3 au 6 Avril 2025 Art Paris au Grand Palais.

Je suis très heureux d’être invité par la Montresso Art Foundation à présenter de nouvelles pièces dont la mise en volume de mon travail actuel au Grand Palais en avril prochain aux côtés de @mouna_saboni, @barbarawildenboer et @hasnaeelouarga

– ArtParis 2025
I am delighted to be invited by the @montressoartfoundation to present new pieces, including a volume version of my current work at the Grand Palais next April alongside @mouna_saboni, @barbarawildenboer and @hasnaeelouarga

2024

« Tablier De L Atlas » 114×146
Gabelou 180×130
« La Colline Descendait Mais Descendre A Genoux » 260×200
« Les Fleurs Bleues » 150×200
Marais Vert 180×130
« Cache toi dans la neige » 97×130

2023

Green River Red valley 5×2,8 Montresso Art Foundation
Notre Intime Connection 225×300
Tiphaine Crespel 140×200
Oued Zat 225×170
Piriac Castelli 225×300
Vulcano 225×170
Passe ne retourne pas 300×180
Traces Sur Plage 180×150

INTIME CONVICTION

Decembre 2023 / Janvier 2024 Montresso Art Foundation Maroc

Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023

Il est toujours question de sensation dans l’oeuvre de Cédrix Crespel. Depuis maintenant plus de quatre années, l’artiste se désacommode de sa peinture pour construire une nouvelle grammaire. Le sujet est là, peindre les sentiments ; mais au-delà du visible. Ce qui le concerne, c’est le labile, le tremblant, le papillonnant. Dans un autre désir de la vue, l’artiste tend à représenter la distance pour réinventer le lien entre la figure et le fond, entre l’attente et le plaisir, entre le peintre et l’amante. Pour parler de soi, il doit parler de l’autre, car l’autre l’a construit et le raconter contribue à se raconter. En écho à Platon et la recherche de son double, de son âme-soeur et de l’osmose parfaite, les deux se confondent l’un avec l’autre, en un seul… cette troisième entité. Ce « nous » que lui et elle ont créés, rapporte aussi l’éloignement qui rapproche plus qu’il ne sépare, qui les lie. Cédrix Crespel nous offre cette évocation, une peinture du non-représentable, qui se donne en pointillés. Les toiles sont imposantes, l’étendue entre les rives méditerranéennes, entre les aimés, ne peut s’incarner que sur des grands espaces de restitution.

Loin de ses inspirations premières, on devine l’artiste ployé vers sa muse, on devine aussi la montée du désir dans les paysages qui inondent les tableaux. Auparavant consignés aux marges de ses oeuvres, comme un décor, les paysages soudains s’animent d’un bruissement, d’une rumeur pour décrire les interstices de l’être et dilater le vivant. Il s’agit de dire au plus juste le tissu du sensible, pour faire apparaître par la lumière, la singularité du langage amoureux. Cédrix Crespel vient mettre son regard à l’épreuve du flou, du multiple quitte à s’y aveugler. Nait alors cette conscience aiguë de la puissance du médium, pour, dans un temps suspendu, articuler le figuré au non figuré. L’oeuvre est magistrale dans sa grâce et son intensité. L’artiste reconfigure son histoire pour dévoiler son propre biotope, ses intimes convictions.

Au coeur de tout cela, Cédrix Crespel défocalise ses oeuvres pour laisser venir l’afflux de l’ailleurs et sa fascination pour l’impossible de la peinture. Ses références sont multiples, de Bacon à Monet, de Kajzer à Fox, on pressent le plaisir nouveau de l’oeil. On découvre la jouissance brute du peintre à se perdre dans le mouvement, la passion du jeu scabreux du végétal et de l’eau, la porosité de la matière pour laisser apparaître les formes. Cela requiert pour lui un lâcher prise, un laisser-aller des disparitions et des fluences picturales. Poser les masses et les détails, la transparence et le mat, la couleur et le reflet. En somme, l’apparition des choses recèle une richesse propre qui permet au peintre de se réinventer. Fidèle à son atelier au Maroc à Jardin Rouge, la surprise est de taille, les oeuvres donnent à voir les fragments bouleversants de ce qu’est la peinture, recèlent la délicate émotion de peindre. Esquisser son amante, dans toute l’évidence de ce lieu commun artistique impose la force de la proposition de Cédrix Crespel. Le peintre tient à ses vérités, comme à son aimé, on se sent complices de leur histoire, les suggestions des toiles résonnent avec nos propres idylles, une intimité est entrouverte. Elles témoignent de la fusion à construire une histoire physique et un langage artistique. Intimes Convictions nous livre aussi les secrets de la grandeur de l’être AIME.

Estelle Guillié Directrice Montresso Art Foundation

Sensation always takes center stage in the work of Cédrix Crespel. For more than four years now, the artist has been abandoning traditional painting to construct a new grammar. The subject remains the same: capturing emotions, but going beyond the visible. What concerns him are the fleeting, the trembling, the ephemeral. With a different approach, the artist aims to represent distance to reinvent the connection between the subject and the background, between anticipation and pleasure, between the painter and the beloved. To speak about oneself, one must also speak about the other because the other has played a role in shaping one’s identity, and narrating this interaction contributes to self-understanding. In echoing Plato and his quest for a doppelgänger, a soulmate, and perfect harmony, they intertwine with each other, becoming one… a third entity. This “we” that they have created also mirrors the distance that, rather than separating them, brings them closer and binds them together. Cédrix Crespel offers us this evocation, a representation of the unrepresentable, presented in a fragmented manner. The canvases are grand, capturing the vast expanse between the Mediterranean shores and the beloved ones.

Far from his initial inspirations, we can sense the artist leaning towards his muse, and we also detect the rise of desire in the landscapes that fill his paintings. Previously relegated to the margins of his works, like a backdrop, the sudden landscapes come to life with a rustling, a murmur, describing the spaces between beings and expanding life itself. The goal is to express the essence of the senses as accurately as possible, to reveal through light the uniqueness of the language of love. Cédrix Crespel challenges his gaze with blurriness and multiplicity, even if it means blinding himself. This acute awareness of the power of the medium emerges, allowing him to articulate the figurative and the non-figurative in suspended time. The work is masterful in its grace and intensity. The artist reconfigures his history to unveil his own ecosystem and intimate beliefs.

In the midst of all this, Cédrix Crespel incorporates defocused elements into his works to allow the external influx and his fascination with the impossible in painting. His references are diverse, from Bacon to Monet, from Kajzer to Fox; one can sense the newfound pleasure of the eye. We discover the raw joy of the painter in losing himself in movement, the passion for the intricate interplay of vegetation and water, the porosity of the material to reveal forms. This requires letting go, allowing the disappearance and flow of visual elements. Balancing volumes and details, transparency and matte, color and reflection. In essence, the emergence of things holds a richness that allows the painter to reinvent himself. Remaining faithful to his studio in Morocco at Jardin Rouge, the surprise is profound; the works reveal the poignant fragments that constitute the essence of painting, conveying the delicate emotions of the artistic process. Portraying his lover, in the vividness of this shared artistic space, underscores the strength of Cédrix Crespel’s artistic vision. The painter clings to his truths, just as he does to his beloved; we feel like co-conspirators in their shared narrative. The suggestions in the canvases resonate with our own love stories, creating a sense of intimacy. They bear witness to the fusion of constructing a tangible narrative and an artistic language. “Intimes Convictions” also reveals the secrets of the greatness of being loved.

Estelle Guillié Directrice Montresso Art Foundation

Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023
Vue d'exposition Intime Conviction, Cédrix Crespel, Montresso Art Foundation, Marrakech 2023

D I S T A N C E

San Diego, California- Madison Gallery announces D I S T A N C E, French artist Cédrix Crespel’s first solo US exhibition. A stunning and ethereal representation of love in landscapes, of love in our surroundings, of love outside the physical beings. The use of bold, yet soft, colors, Crespel captures the desire and vulnerability of passion from afar. The feeling of endless depth, of dynamic distance, of eternal love and longing.

To face it, to get lost in it and to surrender to it. The landscape, with its magnificence, its ‘immensity,’ and its indifference, imposes its might and its power dynamics. The one who gazes upon it experiences a form of solitude, vulnerability, and inaccessibility: a state that, in many ways, resembles love. Painting the vaporization of love, the vibration that lack can generate, the projection of feelings. Painting emotions far beyond what can be seen. When we are both separated, our landscapes clash and represent the distance between us. From her to me, and vice versa. A form of landscape in love; showing what cannot normally be represented.” 

Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023
Vue d'exposition Distances, Cédrix Crespel, Madison Gallery, Solana Beach 2023