Hong Kong LA GALERIE PARIS 1839

 

For several years, my work has been based on the artistic relationship that my wife and I have developed. Indeed, the digital correspondence that we maintain energises her role as a muse. This allows me to broaden the field of reflection and research underpinning my painting.

Here again, the series Deep Pola is built upon her photographic proposals. However, to avoid falling into fixed formulas or predetermined methods, I have chosen this time to create several pieces out of a single photograph. While in the past, each canvas was the response to one picture, in Deep Pola, each snapshot originates a set of three compositions. Using iteration in this way allows me to deepen my exploration of the painting language, yet without disguising my intentions. In other words, I am not changing the perspective, I am simply changing the initial settings so as to push my essays beyond the usual or pre-acquired knowledge.

First of all, graphically speaking, repetition forces me to go beyond. I can certainly continue to select the angle under which I treat the photogrph but, as soon as I get to the second composition, I must force my technique to « look at it differently ». Or at least longer. By almost aggressively exploiting the representative potential offered by the original picture, I try to exhaust all the possibilities offered by one single item. The principle can be compared to that of a classical composer working on variations. Besides, painting the same source on different scales further radicalizes the physical or sensory relationship with the pictorial work and subjects me even more to its demands. A subjugation that I now cultivate in the hope of escaping the certainties that could lead my evolution to freezing.

Secondly, on a narrative point of view, cropping allows the proposal to be more open to interpretation or to multiple readings. However, it never slips towards a strictly graphic discourse. History and subject remain present, but they synthesize their opposition to abstraction by a parade with the formal elements that I move, yet not allowing any to take the upper hand.

And thirdly, on a chromatic point of view, I have decided for the first time to respect the aesthetics of Polaroid and have therefore given up on pop colours, which have always characterised my paintings. I am probably sanctifying the tint of the original photograph just to free myself from exuberance. In any case, I am favouring the eroticism of sweeter tones and detaching myself completely from the plastic perception to which synthetic colours inevitably lead.

In short, Deep Pola is a deeper and further examination. It isn’t a rupture. At most, a logical evolution. The specificity of our times and their digital compounds have always actively nourished my work. In the end, serialising the image is just another new example of that.

Depuis plusieurs années maintenant, mon travail se nourrit de la relation artistique que nous avons développée mon épouse et moi. La correspondance numérique que nous entretenons dynamise en effet son rôle de muse ce qui me permet d’élargir le champs de réflexion et de recherches qui fonde ma peinture. Deep Pola en est une illustration. A nouveau, la série se fonde sur ses propositions photographiques. J’ai cependant modifié le schème de base. Afin d’éviter de tomber dans la formule ou dans une méthode préétablie, j’ai choisi, cette fois, de travailler plusieurs pièces à partir d’un unique cliché. Si auparavant, chaque toile répondait à une photo, dans Deep Pola, une image origine un set de trois compositions. Ce recours à l’itération me permet d’approfondir mon exploration du langage peinture sans pour autant travestir mes intentions. Autrement dit, je ne change pas la perspective, je modifie simplement la configuration initiale pour m’inviter à pousser mes essais au-delà de l’habitude ou des acquis.

Graphiquement d’abord, la répétition m’oblige. Je puis certes continuer à sélectionner l’angle sous lequel je traite le pola mais, dès la deuxième composition, je dois forcer mon regard à, techniquement, “regarder autrement”. Ou peut-être plus longtemps. Par une exploitation presque agressive du potentiel représentatif qu’offre le cliché originel, je tente d’épuiser l’éventail de possibilités que m’offre un même item. Le principe équivaudrait, par exemple, aux variations du compositeur classique. A cela s’ajoute, la contrainte des formats. Depuis XXL, une conscience accrue du support appuie mon cheminement. Peindre à différentes échelles modifie le rapport physique et sensoriel à l’oeuvre. Peindre une même source à différentes échelles radicalise davantage ce rapport et me soumet plus encore aux exigences de cette oeuvre. Un assujettissement que je cultive désormais dans l’espoir de fuir les certitudes qui pourrait figer mon évolution. Chromatiquement enfin, pour la première fois, j’ai décidé d’obéir à l’esthétique du polaroïd et de renoncer aux palettes pop qui ont souvent caractérisé mes toiles. Je sacralise sans doute la teinte originelle du cliché pour simplement me libérer de l’exubérance. Je favorise en tout cas l’érotisme de tons plus suaves et me détache complètement de la perception plastique à laquelle conduisent inévitablement les couleurs synthétiques.

Bref Deep Pola approfondit. Deep Pola creuse. Il n’y a là aucune rupture. Tout au plus une évolution logique. Et si je m’arrête quelques instants pour réfléchir a posteriori la série, je dirais qu’au fond, je poursuis simplement ma route. L’époque, sa spécificité numérique et son caractère ont toujours activement nourri mon travail. Génération computer, c’est évident. Or, en défendant l’esprit, je vous interroge: quoi de plus actuel et computer que la sérialisation de l’image?

 

Our Room 1, 2, 3, 120×120 – 40×40
Blade On Grass 1, 2, 3, 1×1 – 30×30
Catsuit 1, 2, 3, 150×150 – 50×50
Extase 1, 2, 3, 120×120 – 40×40

Pleurer de JOIE – AD GALERIE 2018

 

  Rythme, mémoire et évidence… La formule pour synthétiser une histoire. En extraire la sincérité. De HorseS, BullS and Girls  à Blending Cultures, Crespel aura poursuivi un seul objectif : lui-même. Comprendre sa peinture a permis de saisir ses préoccupations. Ou l’inverse. Si l’adolescent s’attardait sur de multiples modèles, l’adulte a balayé cette effervescence jusqu’à se concentrer sur une seule femme. Toutefois, le binarisme n’a jamais caractérisé sa dynamique et nous savons à présent que l’épouse, comme modèle, n’aurait sans doute plus intéressé le peintre sans son travail de muse et les propositions qui en découlent. De même, si les premières toiles cumulent les informations –et, avec elles, les affirmations –, les compositions récentes, à l’inverse, privilégient un phrasé unique qu’elles accompagnent d’harmonies puissantes. Telle une mazurka de Chopin, la mélodie brille tant par sa subtilité que par son apparente facilité. Derrière, par contre, l’usage des temps et des accords assure la teneur émotionnelle de la proposition et éloigne considérablement l’œuvre des pièces pour enfants. Pleurer de J.O.I.E. relève de ce mouvement. De cette dialectique. Le rythme et les accents au service de la simplicité pour atteindre la transparence dont on a manqué par le passé.

Hier et aujourd’hui. Encore une fois. Blending Culturesmatérialisait l’autocritique. Pleurer de J.O.I.E.touche à la rémission. Derrida affirmait que le pardon réclame la mémoire. De la faute et du coupable. Dans l’histoire Crespel, ni péché ni pécheur. Une blessure cependant. Une plaie cicatrisée dont la souvenance irradie tout futur. Que l’on s’en rappelle : pas de liberté dans l’oubli. J.O.I.E.ne pouvait donc pas mourir. Encore moins par omission ou silence. Et puisque d’hier il s’agit, Cédrix s’empare des autoportraits tirés par Tiphaine à l’époque. Les premiers. Crus. Désespérés. Intenses. Des esquisses plus proches du documentaire que du fashion film. Elle y rampe. Elle y tend le bras. Elle appelle. Un cri qui résonne et s’écoute à présent.

Plastiquement, le peintre poursuit le chemin engagé depuis XXLet favorise la physicitécomme la sensorialité du travail pictorial. La seule trace figurative demeure le portrait de sa muse. Autour s’organise un feu de sensations. Par contre, les cadrages que Tiphaine choisit forcent tous la profondeur de champ. Le visage occupe le premier plan tandis que le corps s’engouffre dans un abyme dessiné par la perspective. L’angoisse part du regard et s’étend jusqu’au point de fuite. L’intelligence graphique et sensitive de Cédrix ne pouvait évidemment gâcher l’invitation. Il renforce donc cette sensation d’avalement. Toute sa construction sensorielle accompagne la direction du mouvement. Les à-plats relèvent les contrastes entre ombres et lumières. Les vecteurs, simultanément, dirigent le regard et déterminent, par leur agencement ou leur chromatologie, le rythme comme l’interprétation. Une convergence entre la figure et les accents apportés prend ainsi forme. Mieux ! Pour la première fois, Crespel efface les limites qui séparaient l’objet des nuances qui l’appuient. Un procédé comparable aux essuyés qu’utilisait Bacon. Les tons chair dépassent les frontières du corps et se mélangent aux éléments de rythme et d’intensité. La synthétique pop, protagoniste jusqu’ici, s’ouvre ainsi à une chromatologie plus organique. De même, Cédrix libère la figure dans sa dimension expressive et n’hésite pas à la priver de certains attributs. Afin d’exacerber la dynamique sensorielle de la composition, les questions de représentation et de beauté passent au second plan. Ce qu’il traquait autrefois dans la narration s’amplifie maintenant par l’évidence propre au langage peinture.

 Un paradoxe toutefois. Malgré la désespérance qui anime les clichés originaux, Pleurer de J.O.I.E.ne sombre pas dans la tristesse. Les tons conservent une certaine flamboyance, les appendices dynamisent et les mouvements demeurent vivants. Il n’y a là ni requiem ni complainte. Tout au plus une légère mélancolie. L’élan s’approche plus de la noce que de la rupture. Un choix excessivement logique et compréhensible si l’on veille à l’entendre. Car pourquoi se morfondre ? Ce jadis, aujourd’hui assumé, ne peut qu’être célébré. Mûrir nécessite le bagage informatif de la souffrance. Les évolutions coûtent. Le résultat cependant s’apprécie. Alors, certes, les larmes ont coulé. Certes, le couple a souffert. Mais, s’il doit encore en pleurer, que ce soit de joie…

 

  Rhythm, memory and evidence: the formula that summarises a story. Extracting the sincerity from it. From HorseS, BullS and GirlXto Blending Cultures, Crespel pursued only one goal; himself. Understanding his art helped the understanding of his concerns. Or the other way around. While the teenager lingered on various models, the adult swept all the effervescence away to culminate by focusing on a single woman. However, his dynamics have never been characterised by binary oppositions. We also now know that the wife, as a model, might no longer have interested the artist, had she not worked as a muse, and hence made new proposals. Similarly, while the first paintings used to accumulate information, and with it, affirmations, his more recent compositions, instead favour a unique phrasing accompanied by powerful harmonies. Like in Chopin’s mazurkas, it is the subtlety as much as the deceitful apparent ease, that make the melody shine. Yet the use of tenses and concordances in the background ensure the emotional content of the proposal and make the mazurka far from easy to play. Pleurer de J. O. I. E.belongs to this movement. To these dialectics. Rhythm and accentuations are at the service of simplicity in order to achieve a transparency that was missing in the past.

Yesterday and today, once again. Blending Culturesmaterialised his self-criticism. Pleurer de J.O.I.E.is more about remission. Derrida argued that forgiveness calls for memory. Fault and guilt. In Crespel’s story, there is neither sin nor sinner. An injury, perhaps. A healed wound which, depending how we remember it, will determine the way we perceive the future. We must not forget that there is no freedom in oblivion. This is why J.O.I.E.could not die. Even less by omission or silence. Since we are talking about yesterday, Cédrix returns to Tiphaine’s old self-portraits. The first ones. Raw. Desperate. Intense. Sketches that looked more like a documentary film than a fashion film, in which she crawls. She stretches an arm. Calls out. Her cry still echoes today.

 Plastically, the painter continues the journey initiated with XXL and concentrates on the physicityand sensorialityof his art. The only figurative trace left is the portrait of his muse. Around it a fire of sensations burns. Nevertheless, the framing chosen by Tiphaine forces a certain depth of field. The face occupies the foreground while the body is engulfed into perspective. Anxiety starts with the eye and extends until a vanishing point. Cédrix’s graphic and sensory intelligence could certainly not ruin the invitation. Therefore, he stresses this swallowing sensation. All his sensory construction accompanies the direction of the movement. The flat tints highlight the contrast between light and shadow. Simultaneously, the vectors direct the eye and with their disposition or colour, determine the pace as well as the interpretation. This leads to a convergence of the figure and the accents. For the first time, Crespel erases the limits that separate the object from the nuances supporting it. This can be compared to Bacon’s habit of wiping the paint. Fleshy tones extend beyond the boundaries of the body and mix with the elements of rhythm and intensity. The pop synthetics, so far a main character, open up towards a more organic colour palette. Similarly, Cédrix liberates the figure in its expressive dimension and does not hesitate in depriving it of certain attributes. To exacerbate the sensorial dynamics of the composition, the concerns about representation and beauty are relegated to the background. What he used to seek in narrative is now amplified by the evidence so special to the language of painting.

 This is however, a paradox. Despite the despair found in the original images, Pleurer de J. O. I. E.does not sink into sadness. The tints retain a certain degree of flamboyance, the appendices create dynamics and the movements remain lively. There is neither a requiem nor a complaint. A slight melancholy at the most. The momentum is closer to a wedding than to a break-up. An excessively logical and understandable choice if you care to hear it. Why whine? Once the past has been assumed, it can only be celebrated. Maturing requires the informative baggage of suffering. Evolutions cost. Yet the result can be appreciated. Then, certainly, tears have been shed. The couple has undoubtedly suffered. But if they still have to cry, let it be of joy.

Blending Cultures Galerie Martine Ehmer

L’exposition Blending Cultures réunit deux artistes aux démarches complexes pour un duo show riche et vibrant.
Cédrix CRESPEL et TANC sont des compositeurs. Les formes et les couleurs dansent sous l’impulsion créatrice, leurs oeuvres dégagent tant la spontanéité que la maitrise du mouvement.
Chacun revisite un courant de l’art contemporain. Pour TANC on parle d’Expressionnisme Abstrait tandis que Cédrix CRESPEL se rattache au mouvement Supports/Surfaces. De ce mélange intergénérationnel découlent deux recherches artistiques empreintes d’un profond respect pour le passé et d’une puissance créatrice nouvelle.
C’est dans cette douce folie que les deux artistes se rencontrent. Deux univers qui se frôlent. L’exubérance contrôlée, l’effusion de couleurs, la forme et la spontanéité du geste. TANC et CRESPEL ont créé leurs langages distincts. Un savant mélange de cultures qui animera la galerie Martine Ehmer du 9 septembre au 8 octobre 2017.

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Galerie Marcel Strouk

« Mon domicile Conjugal »

Exposition personnelle
Galerie Rive Gauche Marcel Strouk en partenariat avec Montresso Foundation
20.07.2017

« Au fil des résidences le style s’est modifié, affirmé. Cédrix Crespel n’a rien cédé de sa personnalité, ni de son engagement pour sa Muse, mais comme si l’éloignement physique avait décuplé leur complicité et la manière de l’exprimer,le trait s’est progressivement transformé au service de toiles plus suggestives où chacun d’entre nous s’il ose l’avouer y retrouve une part de sa vie, de ses envies et pourquoi pas de ses fantasmes.

L’abstraction a compensé les détails jugés alors inutiles qui disparaissent des décors. Les couleurs explosées entrainent avec elle l’oeil du témoin vers l’essentiel. Le regardeur n’observe plus de l’extérieur l’univers du peintre, il est à l’intérieur de l’oeuvre où l’invisible devient visible. Cédrix nous offre un voyage dans son intimité, “son domicile conjugal” y joue le rôle de décor, mais c’est bien de son intimité qu’il s’agit, un hommage à la Muse et aux femmes qui aiment les hommes, aux hommes qui aiment les femmes. »

JLH

 

Photos Paul Etard

 

 

XXL #1 Montresso Art Foundation Morocco

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« The confrontation with the unlimitedness of this linen canvases allowed me to measure the limits of my gestural amplitude. As to remind me that the work of art is still larger than his author »
XXL # 1
Jonone Tilt FENX Cedrix Crespel
In partnership with Galerie David Pluskwa
12.12.2016 – 30.01.2017
Espace Montresso*, Marrakech, Morocco

 

Photos Nicolas Gzeley
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"L'Avoir Dans La Peau"
« L’Avoir Dans La Peau »
Il y a / Deux choses / Qui sont / Sans / Limites / La feminité / Et les moyens / D'en abuser / Jeanne / Moreau installation 10 fois 146x114.
Il y a / Deux choses / Qui sont / Sans / Limites / La feminité / Et les moyens / D’en abuser / Jeanne / Moreau
installation 10 fois 146×114.
Tilt
Tilt
Fenx
Fenx
Nirvana Smells Like Mature Spirit - 2,9x4,4 - 2016
Nirvana Smells Like Mature Spirit – 2,9×4,4 – 2016
Tilt & Jonone
Tilt & Jonone
"L'Avoir Dans La Peau" 6mx5m - 2016
« L’Avoir Dans La Peau » 6mx5m – 2016

CAR CRASH / Solo Show Oct 2015 AD Galerie

 

« CAR CRASH » de Cédrix Crespel Si Cédrix Crespel peint sa vision de la féminité de manière intuitive et spontanée, il pose aussi son sujet au coeur d’expositions thématiques. L’occasion de révéler au delà de l’esthétisme, une femme « symbole », passerelle de ses émotions et réflexions personnelles. C’est ainsi que la Femme de Cédrix Crespel prend le visage de ses héroïnes (Par, Pour, Sans qui. 2008), celui du mythe (Bulls, Horses and GirlX 2012), de la transmission (Outside Parking 2011), du fantasme (J.O.I.E 2013) de l’exotisme (Ainsi soient-Elles 2015) « CAR CRASH » explore l’hommage et le chaos, extension symbolique du complexe d’oedipe . La figure féminine de l’infirmière évoque une mère aimée, protectrice, séductrice. Celle qui panse les plaies de la chair et de l âme… Sa présence domine les scènes d’un crash dont la violence fait écho à un parricide. L’évocation n’est pas anodine dans la vie de l’artiste dont le père est pilote automobile. Les compositions mettent en relief un sujet dont le propos fait appel à des références artistiques pour tisser le lien essentiel qui reste l’érotisme. Citons CRASH de Cronenberg film dans lequel un homme est à la recherche d’une énergie sexuelle qui atteint son apogée aux moments d’accidents de voitures. Citons également Richard Prince et sa collection de « Nurse » érotique. Le rapport étrange qui lie le danger de la course automobile et le fantasme de l’uniforme, nous entraîne dans un no man’s land glacé avec des oeuvres subtilement cadrées et audacieusement millimétrées. L’exposition présente une vingtaine de toiles sur lesquelles on reconnaît aisément les codes artistiques propre à Crespel. L’univers graphique, la richesse chromatique, les codes de la culture pop et l’imagerie des réclames de courses automobiles nous transportent dans une arène sponsorisée à la manière de Warhol ou Wesselmann. L’oeuvre « CAR CRASH » prend tout son sens, l’artiste y affronte ses obsessions et ses craintes. Ce mélange de chairs et d’aciers, destructeur, déroutant mais aussi intensément érotique, invite le spectateur à découvrir la narration de cette nouvelle série de toiles.

 

 

«  Car Crash » by Cédrix Crespel

If Cédrix Crespel paints its vision of the femininity in an intuitive and spontaneous way, he also puts his subjects at the heart of thematic exhibitions which gives him the opportunity to reveal beyond the aestheticism, the woman « symbol », the close link between its feelings and personal reflections.
This is why the Woman of Cédrix Crespel takes the way of his heroines (Par, Pour, Sans qui. 2008),
of one of myth, (Bulls, Horses and GirlX 2012), of transmission ( Outside parking 2011), of fantasy (J.O.I.E 2013) and exoticism ( Ainsi soient-elles 2015).

« Car crash » explores the tribute and the chaos, symbolic extension of Oedipus complex.
The feminine figure of the nurse evokes a loved, protective and seductive mother… who bandages wounds of the flesh and of the soul.
Her presence dominates the scenes of a crash, the violence of which echos a parricide.
The evocation is not harmless for the artist, a racing driver of which the father is.

The compositions accentuate a subject of which appeals to artistic references to weave the essential link which remains the eroticism.
Let us quote as saying CRASH, the Cronenberg movie in which a man is in search of a sexual energy which reaches its peak at the moments of car crash, and also Richard Prince and his collection of erotic nurses.
The strange relationship which connects the danger of the motor racing and the fantasy of the uniform pulls us in a frozen no-man’s-land with works subtly centred and bravely graduated.

The exhibition presents about twenty paintings of Cédrix Crespel on which we recognize easily his own artistic codes.
The graphic setting, the color enrichment, the pop culture codes, the advertising images of motor racing transport us in a sponsored arena like Warhol or Wesselmann.

Car Crash takes all its sense, the artist faces his obsessions and his fears there.

This mixture of flesh and steel, destructive, puzzling but also so intensely erotic, invites us to discover the story of this new exhibition.

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J.O.I.E AD Galerie Montpellier 2013

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Les liaisons dangereuses de Cedrix Crespel

 

Les draps des toiles de Cedrix Crespel portent en filigrane, depuis toujours, un motif fondamental : l’érotisme. La volupté, furieusement contenue par les uns, hypocritement ignorée par les autres, tolérée sous conditions, déclenchée avec certaines recettes, occupe une place essentielle dans la peinture au point que l’art parfois n’en est que le prétexte plus ou moins avoué : elle est chez lui magistralement traitée sans complexes.

Par ses œuvres le peintre assouvit des fantasmes, des fantaisies, des caprices, des frasques, des excentricités, des histoires, qu’il nous donne en partage de façon spectaculaire. Si de manière romantique ou trivial, il aime toutes ses modèles qu’il célèbre comme des Muses, Maman ou Putain, Madone ou Madeleine, Marie ou Maryline, maîtresse ou esclave, … aujourd’hui, dans sa nouvelle série, il ne s’est attardé que sur une seule femme au prénom qui raconte déjà toute une histoire : Joie.

Estella Hoad, alias Joie Iacono, J.O.I.E. comme il l’épelle, est une sorte d’idéal féminin intouchable avec qui Cedrix entretient une liaison épistolaire depuis près de dix ans. Très jolie hipster du milieu indépendant de New York au look provoquant à la Vivianne Romance ou à la Louise Brooks et la voix suave de Nico du Velvet Underground, artiste, photographe, modèle, elle collabore avec des musiciens comme Anthony and the Johnsons, inspire des créateurs de mode et vient d’avoir un article dans «W Magazine»… Aujourd’hui, c’est au tour de Crespel de se faire happer dans les mailles des bas résilles de cette belle sirène made in USA ! Le fruit du hasard des communications sur Internet a suscité la passion pour cette charmante inconnue qui a donné naissance aux tableaux de l’exposition actuelle à la Galerie AD de Montpellier.

Comme le héros du film Model Shop de Jacques Demy qui suit une inconnue pour la photographier sous toutes les coutures dans des poses sexys, aguichantes et lascives, Cedrix s’est entiché d’une Idole sur la toile pour vivre un coup de foudre par courrier électronique interposé. Lui qui chante du rock avec son groupe « Les Belles de Jours » pourrait fredonner comme le peintre des Demoiselles de Rochefort : « Je ne connais rien d’elle, et pourtant je la vois… Sa démarche ressemble aux souvenirs d’enfants qui trottent dans ma tête et dansent en rêvant…»

La sensualité profonde de ses images où cette femme occupe toutes les toiles s’exprime dans la précision du dessin allié à une polychromie réjouissante. L’effeuillage, les jeux pervers que transpose Cedrix font du tableau un véritable trou de serrure ouvert sur les rêves, les fantasmes. Cette poupée de chair peinte devient pour le public simulacre d’une possession qu’il convoite selon ses goûts, ses choix, ses orientations, ses capacités de jouissance. Lors d’une exposition de l’artiste il suffit d’observer dans l’ombre les prunelles des spectateurs pour se rendre compte de leur exaltation. Devant cette peinture à hauts degrés d’excitation les amateurs d’art sont éblouis par des bouches humides et brillantes qui se font ventouses, des formes rebondies qui effleurent les limites de la pudeur et exhibent fards, rimelle, rouge à ongles, gaine, soutien-gorge, portes jarretelle, bas, petite culotte. Ce cheminement se concrétise dans des cadrages où le sens du raccourci est frappant. Les passages de couleurs expriment de façon quasi physique les préciosités anatomiques du modèle qui se plie dans ses contorsions au bon vouloir du peintre.

 

Mais comment vivre dans la vraie vie ce drôle de ménage virtuel? Comment en parler ? Comment faire accepter une histoire entre deux êtres qui cherchent derrière leur computer un peu de chaleur humaine ? Comment ne pas tout perdre ? Ce flirt à distance, cette aventure non consommée se justifient à eux seuls par la qualité des tableaux où les images sont porteuses d’un méta discours entre jouissance et frustration. De cet échange restent grandioses les portraits de J.O.I.E. avec leurs traces fluorescentes de rouge à lèvres qui illuminent de grands fonds en aplats de couleurs pénétrantes et perçantes ; des fourreaux de satin noir virevoltent, des jarretelles claquent. L’artiste ne centre pas la sexualité dans une cuisse qu’on aperçoit, un sein qui pointe, une bouche humidifiée, mais dans les formes étirées de longs gants noirs qui jouent au « streep » avec les bras et les mains de la belle. Joie est présentée souvent habillée et sa parure, même légère, semble comme une virginité de remplacement. Elle prend son rôle à cœur, fait elle-même les prises de vues qui serviront de canevas à l’artiste dans son travail de peintre. Crespel dans ses portraits surprenants à la limite du scandale rappelle le Kubrick de « Eyes Wide Shut » et propose à son tour un voyage psychologique et artistique à la recherche de notre identité, de nos désirs les plus secrets, de nos fantasmes les plus sulfureux. On constatera, dans cette série une étonnante et féconde actualité de la peinture dès qu’elle empoigne la chose charnelle qui donne du goût et du piquant à l’ensemble.

 

Renaud Faroux, Historien d’art.