Hong Kong LA GALERIE PARIS 1839

 

For several years, my work has been based on the artistic relationship that my wife and I have developed. Indeed, the digital correspondence that we maintain energises her role as a muse. This allows me to broaden the field of reflection and research underpinning my painting.

Here again, the series Deep Pola is built upon her photographic proposals. However, to avoid falling into fixed formulas or predetermined methods, I have chosen this time to create several pieces out of a single photograph. While in the past, each canvas was the response to one picture, in Deep Pola, each snapshot originates a set of three compositions. Using iteration in this way allows me to deepen my exploration of the painting language, yet without disguising my intentions. In other words, I am not changing the perspective, I am simply changing the initial settings so as to push my essays beyond the usual or pre-acquired knowledge.

First of all, graphically speaking, repetition forces me to go beyond. I can certainly continue to select the angle under which I treat the photogrph but, as soon as I get to the second composition, I must force my technique to « look at it differently ». Or at least longer. By almost aggressively exploiting the representative potential offered by the original picture, I try to exhaust all the possibilities offered by one single item. The principle can be compared to that of a classical composer working on variations. Besides, painting the same source on different scales further radicalizes the physical or sensory relationship with the pictorial work and subjects me even more to its demands. A subjugation that I now cultivate in the hope of escaping the certainties that could lead my evolution to freezing.

Secondly, on a narrative point of view, cropping allows the proposal to be more open to interpretation or to multiple readings. However, it never slips towards a strictly graphic discourse. History and subject remain present, but they synthesize their opposition to abstraction by a parade with the formal elements that I move, yet not allowing any to take the upper hand.

And thirdly, on a chromatic point of view, I have decided for the first time to respect the aesthetics of Polaroid and have therefore given up on pop colours, which have always characterised my paintings. I am probably sanctifying the tint of the original photograph just to free myself from exuberance. In any case, I am favouring the eroticism of sweeter tones and detaching myself completely from the plastic perception to which synthetic colours inevitably lead.

In short, Deep Pola is a deeper and further examination. It isn’t a rupture. At most, a logical evolution. The specificity of our times and their digital compounds have always actively nourished my work. In the end, serialising the image is just another new example of that.

Depuis plusieurs années maintenant, mon travail se nourrit de la relation artistique que nous avons développée mon épouse et moi. La correspondance numérique que nous entretenons dynamise en effet son rôle de muse ce qui me permet d’élargir le champs de réflexion et de recherches qui fonde ma peinture. Deep Pola en est une illustration. A nouveau, la série se fonde sur ses propositions photographiques. J’ai cependant modifié le schème de base. Afin d’éviter de tomber dans la formule ou dans une méthode préétablie, j’ai choisi, cette fois, de travailler plusieurs pièces à partir d’un unique cliché. Si auparavant, chaque toile répondait à une photo, dans Deep Pola, une image origine un set de trois compositions. Ce recours à l’itération me permet d’approfondir mon exploration du langage peinture sans pour autant travestir mes intentions. Autrement dit, je ne change pas la perspective, je modifie simplement la configuration initiale pour m’inviter à pousser mes essais au-delà de l’habitude ou des acquis.

Graphiquement d’abord, la répétition m’oblige. Je puis certes continuer à sélectionner l’angle sous lequel je traite le pola mais, dès la deuxième composition, je dois forcer mon regard à, techniquement, “regarder autrement”. Ou peut-être plus longtemps. Par une exploitation presque agressive du potentiel représentatif qu’offre le cliché originel, je tente d’épuiser l’éventail de possibilités que m’offre un même item. Le principe équivaudrait, par exemple, aux variations du compositeur classique. A cela s’ajoute, la contrainte des formats. Depuis XXL, une conscience accrue du support appuie mon cheminement. Peindre à différentes échelles modifie le rapport physique et sensoriel à l’oeuvre. Peindre une même source à différentes échelles radicalise davantage ce rapport et me soumet plus encore aux exigences de cette oeuvre. Un assujettissement que je cultive désormais dans l’espoir de fuir les certitudes qui pourrait figer mon évolution. Chromatiquement enfin, pour la première fois, j’ai décidé d’obéir à l’esthétique du polaroïd et de renoncer aux palettes pop qui ont souvent caractérisé mes toiles. Je sacralise sans doute la teinte originelle du cliché pour simplement me libérer de l’exubérance. Je favorise en tout cas l’érotisme de tons plus suaves et me détache complètement de la perception plastique à laquelle conduisent inévitablement les couleurs synthétiques.

Bref Deep Pola approfondit. Deep Pola creuse. Il n’y a là aucune rupture. Tout au plus une évolution logique. Et si je m’arrête quelques instants pour réfléchir a posteriori la série, je dirais qu’au fond, je poursuis simplement ma route. L’époque, sa spécificité numérique et son caractère ont toujours activement nourri mon travail. Génération computer, c’est évident. Or, en défendant l’esprit, je vous interroge: quoi de plus actuel et computer que la sérialisation de l’image?

 

Our Room 1, 2, 3, 120×120 – 40×40
Blade On Grass 1, 2, 3, 1×1 – 30×30
Catsuit 1, 2, 3, 150×150 – 50×50
Extase 1, 2, 3, 120×120 – 40×40